PER ou assurance-vie pour préparer sa retraite ?
Pour épargner en vue de la retraite, deux enveloppes reviennent toujours : le plan d'épargne retraite (PER) et l'assurance-vie. Elles peuvent contenir les mêmes supports, fonds euros ou unités de compte, mais leur fiscalité fonctionne à l'envers l'une de l'autre. PER ou assurance-vie : laquelle vous laissera le plus d'argent ? La réponse dépend surtout de votre impôt, aujourd'hui et une fois à la retraite. Voici la comparaison, chiffrée avec nos simulateurs.
Deux logiques opposées
Le PER : l'avantage fiscal à l'entrée
Les versements sur un PER sont déductibles du revenu imposable, dans la limite d'un plafond. Pour un salarié, il vaut en 2026 10 % des revenus professionnels nets de 2025, avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 680 €. L'économie d'impôt est égale au montant déduit multiplié par votre tranche marginale : 1 000 € versés font économiser 300 € dans la tranche à 30 %, 410 € dans la tranche à 41 %. Si vous hésitez sur votre tranche, lisez tranche marginale ou taux moyen.
En contrepartie, l'argent est bloqué jusqu'à la retraite, sauf pour l'achat de la résidence principale ou un accident de la vie (invalidité, décès du conjoint, surendettement, fin de droits au chômage…). Et à la sortie en capital, les versements déduits sont imposés au barème, selon votre tranche à la retraite, tandis que les gains supportent la flat tax.
L'assurance-vie : l'avantage fiscal à la sortie
Sur une assurance-vie, les versements ne réduisent pas l'impôt. Mais l'argent reste disponible à tout moment, et seuls les gains sont imposés lors d'un retrait. Après 8 ans, ils profitent d'un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple), puis d'un taux de 7,5 % jusqu'à 150 000 € de versements. Les prélèvements sociaux restent à 17,2 % : l'assurance-vie échappe à la hausse de CSG de 2026 (MoneyVox).
Le PER, lui, n'y échappe pas : selon la DGFiP, la hausse à 18,6 % vise tous les PER, bancaires comme assurantiels (MoneyVox). Une partie de la profession conteste encore ce point. Par prudence, nos calculs retiennent 18,6 % sur les gains du PER.
Nos hypothèses de calcul
Un salarié de 45 ans avec 50 000 € de revenus professionnels nets, soit un plafond de 5 000 € par an, verse 300 € par mois pendant 20 ans, soit 72 000 €. Le placement rapporte 5 % brut par an, avec 0,7 % de frais de gestion dans les deux enveloppes. À 65 ans, il récupère tout en capital, en une fois. Le rendement n'est qu'une hypothèse : en unités de compte, le capital n'est pas garanti.
Dans les deux cas, le capital atteint 112 335 €, dont 40 335 € de gains. Seule la fiscalité fait la différence.
Le résultat selon votre tranche d'imposition
Sur l'assurance-vie, le résultat ne dépend pas de la tranche : après l'abattement de 4 600 €, il reste 102 717 € nets pour une personne seule. Pour le PER, on additionne le capital net après impôt de sortie et les économies d'impôt réalisées pendant 20 ans :
| Tranche aujourd'hui → à la retraite | Économies d'impôt | PER net à la sortie | Total PER | Écart avec l'assurance-vie |
|---|---|---|---|---|
| 41 % → 11 % | 29 520 € | 91 750 € | 121 270 € | + 18 553 € |
| 30 % → 11 % | 21 600 € | 91 750 € | 113 350 € | + 10 633 € |
| 41 % → 30 % | 29 520 € | 78 070 € | 107 590 € | + 4 873 € |
| 30 % → 30 % | 21 600 € | 78 070 € | 99 670 € | − 3 047 € |
| 11 % → 11 % | 7 920 € | 91 750 € | 99 670 € | − 3 047 € |
La règle se lit directement : le PER gagne quand votre tranche baisse à la retraite, et d'autant plus que l'écart est grand. Si elle reste la même, l'impôt économisé à l'entrée est simplement repayé à la sortie, et l'assurance-vie l'emporte grâce à son abattement et à ses prélèvements sociaux plus bas. Pour un épargnant non imposable, le PER n'a aucun intérêt fiscal.
Deux nuances. Les économies d'impôt sont ici comptées sans être replacées : si vous les réinvestissez chaque année, l'avantage du PER grossit. À l'inverse, récupérer 72 000 € de versements déduits en une seule année peut vous faire changer de tranche : étaler la sortie sur plusieurs années limite cet effet.
Au-delà de l'impôt : trois critères qui comptent
La disponibilité
C'est le point fort de l'assurance-vie. Un imprévu, un projet, une aide à un enfant : vous retirez quand vous voulez, et après 8 ans, l'abattement annuel permet souvent de ne payer que les prélèvements sociaux. Le PER, lui, ne se débloque avant la retraite que dans les cas prévus par la loi.
L'âge
Depuis la loi de finances pour 2026, les versements effectués à partir de 70 ans ne sont plus déductibles. Ils ne sont pas imposés à la sortie, seuls leurs gains le sont (Previssima). Le PER s'adresse donc d'abord aux actifs. Bonne nouvelle en revanche : les plafonds non utilisés se reportent désormais sur 5 ans au lieu de 3, pour ceux calculés à partir de 2026.
La transmission
En cas de décès avant 70 ans, un PER assurantiel est transmis comme une assurance-vie : 152 500 € d'abattement par bénéficiaire, et le conjoint ou le partenaire de PACS est exonéré. Après 70 ans, l'abattement tombe à 30 500 € pour l'ensemble des contrats. Un PER bancaire, lui, entre dans la succession (Goodvest). L'assurance-vie garde un atout : alimentée avant 70 ans, elle conserve ses 152 500 € par bénéficiaire quel que soit l'âge au décès. Pour bien la rédiger, voyez les erreurs de clause bénéficiaire à éviter.
PER ou assurance-vie : pourquoi pas les deux ?
Les deux enveloppes se complètent plus qu'elles ne s'opposent. Une approche fréquente consiste à verser sur le PER la part d'épargne vraiment destinée à la retraite, dans la limite du plafond, quand la tranche d'imposition est d'au moins 30 %, et à garder sur l'assurance-vie l'épargne qui doit rester disponible. L'économie d'impôt du PER peut même alimenter chaque année l'assurance-vie.
Pour savoir combien mettre de côté au total, lisez combien épargner par mois pour sa retraite, et pour le poids du PER en France, PER : 150 milliards d'euros et 12,9 millions de titulaires.
En résumé
- Le PER fait gagner de l'impôt à l'entrée et en reprend à la sortie : il gagne quand votre tranche baisse à la retraite.
- Avec 300 € par mois pendant 20 ans, l'écart va de + 18 553 € pour le PER (41 % puis 11 %) à − 3 047 € (tranche inchangée).
- L'assurance-vie reste disponible, plus légère en prélèvements sociaux (17,2 % contre 18,6 %) et plus souple pour transmettre.
Pour faire le calcul avec vos revenus et vos tranches, utilisez notre simulateur PER (choisissez 18,6 % de prélèvements sociaux pour retenir la position de la DGFiP), puis comparez avec le simulateur d'assurance-vie et le comparateur de placements. Ces exemples ne constituent pas un conseil personnalisé.