PER : 150 milliards d'euros et 12,9 millions de titulaires, le succès de l'épargne retraite
Six ans après son lancement par la loi PACTE, le plan d'épargne retraite s'est imposé comme l'un des placements phares des Français. Fin 2025, il comptait plus de 12,9 millions de titulaires pour 150,4 milliards d'euros d'encours, selon les données consolidées par le ministère de l'Économie à partir des fédérations professionnelles.
Les chiffres clés à fin 2025
| Compartiment | Encours fin 2025 | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| PER individuels | 88,5 Md€ | +21 % |
| PER d'entreprise collectifs | 33,9 Md€ | +22 % |
| PER obligatoires | 28,0 Md€ | +13 % |
| Total | 150,4 Md€ | +20 % |
Sur deux ans, l'encours a progressé de 46 %. Côté assureurs, France Assureurs fait état de 20,2 milliards d'euros de versements en 2025, en hausse de 16 %.
Pourquoi un tel succès ?
Le premier moteur est fiscal : les versements sont déductibles du revenu imposable, dans la limite d'un plafond. Pour un contribuable dans la tranche à 30 %, 1 000 € versés coûtent en réalité 700 €. Dans la tranche à 41 %, ils ne coûtent plus que 590 €. Dans un contexte de préoccupation croissante sur l'avenir des retraites, cet argument fait mouche.
Le deuxième moteur est la souplesse gagnée en 2019 : contrairement aux anciens PERP et contrats Madelin, le PER permet de récupérer son épargne en capital à la retraite, et non plus seulement sous forme de rente. Il peut aussi être débloqué avant la retraite pour acheter sa résidence principale.
Enfin, les gestions pilotées proposées par défaut, qui réduisent progressivement le risque à l'approche de la retraite, ont rendu le produit accessible à des épargnants peu familiers des marchés.
À qui le PER profite-t-il vraiment ?
Le PER n'est pas fait pour tout le monde. Son intérêt repose sur l'écart entre votre tranche d'imposition aujourd'hui et celle de votre retraite, car les versements déduits seront imposés à la sortie. Un cadre imposé à 41 % qui sera à 11 % ou 30 % à la retraite y gagne nettement. Un épargnant non imposable, lui, n'en tire aucun avantage fiscal et s'impose un blocage inutile.
Le bon réflexe : comparer le PER à un PEA ou une assurance-vie alimentés du même montant. Notre simulateur PER le fait automatiquement, en euros.
Les pièges à éviter
- Verser sans connaître son plafond : il figure sur votre avis d'impôt. Au-delà, les versements ne sont plus déductibles.
- Oublier la fiscalité de sortie : la sortie en capital en une seule fois peut faire grimper votre tranche l'année du retrait. Étaler la sortie est souvent plus judicieux.
- Négliger les frais : frais sur versements et frais de gestion varient fortement d'un contrat à l'autre et pèsent lourd sur 20 ou 30 ans.
- Ne pas réinvestir l'économie d'impôt : c'est elle qui fait tout l'intérêt du PER sur le long terme.
En résumé
Le PER est devenu un pilier de l'épargne des Français, et sa croissance n'a rien d'un effet de mode. Mais c'est un outil fiscal avant d'être un placement : il faut l'utiliser en connaissant sa tranche d'imposition, son plafond et son horizon.