Micro-BNC ou régime réel : quand faut-il passer au réel ?
Consultant, formateur, psychologue, ostéopathe, développeur : pour une activité libérale en nom propre, le choix se fait entre la micro-entreprise (micro-BNC) et le régime réel, appelé déclaration contrôlée. On entend souvent qu'il faut passer au réel « quand ses charges dépassent 34 % ». C'est faux dans la plupart des cas, car le calcul oublie les cotisations sociales.
Les règles du micro-BNC en 2026
- Plafond de recettes : 83 600 € par an, pour la période 2026 à 2028.
- Impôt : calculé sur vos recettes après un abattement forfaitaire de 34 %, quelles que soient vos charges réelles. Ou, sur option et sous conditions de revenu, un versement libératoire de 2,2 % des recettes.
- Cotisations sociales : 25,6 % des recettes à la Sécurité sociale des indépendants, ou 23,2 % pour les professions qui relèvent de la CIPAV, plus 0,2 % de formation professionnelle.
- Obligations : un simple livre des recettes.
Au réel, c'est l'inverse : cotisations et impôt portent sur le bénéfice réel, recettes moins charges. Il faut tenir une comptabilité complète et déposer une déclaration 2035, souvent avec un expert-comptable.
Pourquoi le seuil n'est pas de 34 %
En micro, les cotisations sont calculées sur le chiffre d'affaires : vos charges n'y changent rien. Au réel, elles baissent avec vos charges, puisqu'elles portent sur le bénéfice. Le réel gagne donc sur deux tableaux, l'impôt et les cotisations, et le point de bascule arrive beaucoup plus tôt que 34 %.
Deux exemples chiffrés
Résultats de notre simulateur pour un libéral célibataire, sans autre revenu, affilié à la Sécurité sociale des indépendants, avec nos hypothèses par défaut pour le réel (cotisations d'environ 45 % du revenu net et 1 200 € de frais de comptabilité par an) :
| Situation | Revenu net en micro | Revenu net au réel | Le plus avantageux |
|---|---|---|---|
| 60 000 € de recettes, 8 000 € de charges | 31 536 € | 31 420 € | Micro, de justesse |
| 60 000 € de recettes, 15 000 € de charges | 24 536 € | 28 041 € | Réel, + 3 505 € |
| 40 000 € de recettes, 3 000 € de charges | 25 052 € | 23 250 € | Micro, + 1 802 € |
| 80 000 € de recettes, 20 000 € de charges | 30 416 € | 35 282 € | Réel, + 4 866 € |
À 60 000 € de recettes, le réel devient gagnant dès environ 8 300 € de charges, soit 14 % des recettes. À 40 000 €, le seuil est d'environ 7 700 € (19 %). Ces seuils dépendent beaucoup du taux de cotisations retenu au réel, qui varie selon votre revenu et votre caisse : vous pouvez l'ajuster dans le simulateur.
Le versement libératoire : un atout de la micro
Si votre revenu fiscal de référence le permet, le versement libératoire remplace l'impôt sur le revenu par 2,2 % des recettes. Pour notre libéral à 40 000 € de recettes, il fait passer le revenu net en micro de 25 052 € à 25 800 €, et repousse le seuil du réel à environ 9 700 € de charges. Il est généralement avantageux dès que vous êtes dans la tranche à 11 %. L'option se demande auprès de l'URSSAF.
Les règles de bon sens
- Peu de charges (consultant ou développeur qui travaille de chez lui) : la micro est souvent imbattable, et bien plus simple.
- Un cabinet à louer, du matériel, un véhicule : le réel prend vite l'avantage.
- Des revenus élevés : au réel, les cotisations d'un contrat de prévoyance ou de retraite « Madelin » se déduisent du bénéfice.
- La retraite : en micro, des cotisations plus faibles donnent aussi moins de droits. Au réel, cotiser davantage sur un bon bénéfice améliore votre future pension.
Au-delà du plafond de 83 600 € deux années de suite, vous basculez automatiquement au réel. Et si vos revenus continuent de grimper, la question suivante sera celle de la société : notre simulateur SASU ou EURL prend le relais.