Arrêt de travail : combien perdriez-vous vraiment ?
Beaucoup de gens pensent qu'en cas d'arrêt maladie, la Sécurité sociale « prend le relais ». C'est vrai, mais seulement en partie, et beaucoup moins qu'on ne l'imagine pour les indépendants, les dirigeants et les revenus confortables. Nous avons fait tourner notre simulateur de prévoyance sur un même revenu, 3 000 € nets par mois, selon le statut.
Sur un arrêt de 3 mois : de 36 % à 61 % de revenus perdus
| Statut (3 000 € nets par mois) | Perte sur un arrêt de 3 mois | Part du revenu perdue |
|---|---|---|
| Salarié, plus d'un an d'ancienneté | 3 217 € | 36 % |
| Salarié sans maintien de salaire, ou président de SASU | 5 448 € | 61 % |
| Artisan, commerçant, gérant majoritaire | 4 926 € | 55 % |
| Profession libérale réglementée | 4 972 € | 55 % |
Même le salarié le mieux protégé perd plus du tiers de ses revenus. Et ces chiffres ne comptent que le revenu : les charges, elles, continuent de tomber.
Ce que verse la Sécurité sociale en 2026
Les salariés
Après 3 jours de carence, l'Assurance maladie verse une indemnité journalière égale à 50 % du salaire, mais plafonnée à 42,97 € bruts par jour. Avec plus d'un an d'ancienneté, l'employeur complète à partir du 8e jour : 90 % du salaire brut pendant 30 jours, puis 66 % pendant 30 jours, ces durées augmentant avec l'ancienneté. Au-delà, il ne reste que l'indemnité de la Sécurité sociale, sauf si votre convention collective ou un contrat de prévoyance d'entreprise prévoit mieux.
Le plafond pèse lourd pour les bons salaires : à 5 000 € nets par mois, un arrêt de 3 mois coûte environ 6 110 €, car tout ce qui dépasse le plafond n'est plus du tout couvert.
Les présidents de SASU
Ils sont affiliés au régime général, comme les salariés, mais n'ont pas d'employeur pour maintenir leur rémunération. Sans contrat de prévoyance, ils ne touchent que l'indemnité journalière, à partir du 4e jour, calculée sur la rémunération qu'ils se versent. Un président qui se rémunère surtout en dividendes n'a presque rien.
Les artisans, commerçants et gérants majoritaires
L'indemnité journalière est égale à 1/730e du revenu annuel moyen des trois dernières années, dans la limite de 65,84 € par jour. Il n'y a pas de complément d'employeur.
Les professions libérales
Depuis 2021, la Sécurité sociale verse une indemnité du 4e au 90e jour d'arrêt, jusqu'à 197,51 € par jour. Au-delà de 90 jours, c'est la caisse de retraite de la profession (CARMF, CIPAV, CARPIMKO…) qui prend le relais, souvent après une nouvelle franchise et à des niveaux très variables.
Invalidité et décès : le vrai risque
Un arrêt de quelques semaines se gère avec une épargne de précaution. Une invalidité, non. Pour un salarié à 3 000 € nets, la pension d'invalidité laisserait un manque d'environ 1 206 € par mois ; pour un artisan ou un commerçant, environ 1 601 € par mois, potentiellement jusqu'à la retraite.
En cas de décès, le capital versé par la Sécurité sociale est de 4 009 € pour un salarié et 9 612 € pour un artisan ou commerçant. Si vous souhaitez garantir à vos proches trois ans de revenus, soit 108 000 € dans notre exemple, il manque près de 100 000 €.
Ce que doit contenir un bon contrat de prévoyance
- La franchise : le nombre de jours avant le premier versement, souvent 3, 15, 30 ou 90 jours. Plus elle est courte, plus le contrat coûte cher.
- Le mode d'indemnisation : indemnitaire (le contrat complète la perte réelle) ou forfaitaire (un montant fixe par jour, plus simple pour un indépendant dont les revenus varient).
- La définition de l'invalidité : avec un barème professionnel, on regarde votre capacité à exercer votre métier. C'est bien plus protecteur pour un chirurgien, un artisan ou un kinésithérapeute qu'un barème fonctionnel.
- Les exclusions : maladies du dos et troubles psychiques sont souvent exclus ou limités. Ce sont pourtant deux des premières causes d'arrêt long.
- La fiscalité : pour un indépendant au réel, les cotisations d'un contrat « Madelin » sont déductibles du bénéfice, dans certaines limites.
Notre simulateur calcule votre perte en cas d'arrêt, d'invalidité et de décès selon votre statut et votre revenu. C'est le montant que votre contrat de prévoyance doit couvrir : un bon point de départ pour comparer les offres.